

Un autre regard sur la neurodiversité en entreprise.
Des ressources concrètes pour les managers et les équipes RH.
Environ 8 % de la population présente des troubles dys, dont la dyslexie est la forme la plus connue. En entreprise, ce trouble reste largement incompris. Beaucoup de collaborateurs dyslexiques développent des stratégies de compensation depuis l'enfance, au prix d'une fatigue cognitive importante et souvent invisible.
Ce qu'est vraiment la dyslexie
La dyslexie est un trouble spécifique de l'apprentissage qui affecte la lecture : décodage des mots, fluidité, parfois orthographe. Elle n'a aucun lien avec le niveau d'intelligence.
Beaucoup de personnes dyslexiques développent en parallèle des compétences fortes en raisonnement oral, en résolution de problèmes ou en pensée visuelle.
En entreprise, la dyslexie peut se manifester par des difficultés à lire rapidement de longs documents, des erreurs orthographiques récurrentes malgré la relecture, ou un temps de traitement plus long face à l'écrit.
Pourquoi c'est souvent invisible
La plupart des collaborateurs dyslexiques ont appris à masquer leurs difficultés depuis l'école. Relecture systématique, évitement des écrits, recours à des outils personnels.
Cette compensation fonctionne, mais elle coûte une énergie considérable, jour après jour.
Un manager qui ne connaît pas cette réalité peut interpréter à tort un retard sur un rapport ou des fautes répétées comme un manque de rigueur.
Les aménagements à considérer
Aucun aménagement n'est universel. Chaque profil dyslexique a ses propres besoins. Voici les ajustements les plus fréquemment utiles :
Ces aménagements ne ralentissent pas la performance. Ils suppriment une charge cognitive inutile qui n'a rien à voir avec la compétence réelle du collaborateur.
Donner les consignes complexes à l'oral en complément de l'écrit.
Allonger les délais de lecture pour les documents longs ou denses.
Autoriser l'usage de logiciels de correction orthographique ou de synthèse vocale.
Privilégier des supports visuels clairs : schémas, listes à puces, polices adaptées.
Ne pas faire relire publiquement un document à voix haute sans préparation préalable.
Ces aménagements ne ralentissent pas la performance. Ils suppriment une charge cognitive inutile qui n'a rien à voir avec la compétence réelle du collaborateur.
Les aménagements à considérer
Quand le trouble est diagnostiqué et reconnu via une RQTH, l'entreprise peut solliciter l'Agefiph pour financer certains aménagements : logiciels spécialisés, formations adaptées, aménagement de poste.
C'est aussi un levier pour la conformité OETH de l'entreprise.
Ce que vous pouvez faire en tant que manager
Ouvrir le dialogue sans présumer du diagnostic.
Demander directement au collaborateur ce qui faciliterait son travail au quotidien, plutôt que de deviner.
Et surtout, ne jamais associer dyslexie et manque de compétence : ce sont deux choses totalement indépendantes.

Jessica Grau
Vous voulez former vos équipes à repérer et accompagner les troubles dys en entreprise ?
Découvrez la formation Impulsion Atypique.